Supercellular!


SUPERCELLULAR
!

(DE LA PARTICULE DANS LES ARTS PLASTIQUES AU DÉBUT DU XXIe SIÈCLE)


Peter Barrett
Archipelago, 2002
Installation murale

"Il est évident qu'une oeuvre d'art contemporaine (...) ne peut se fonder sur une
telle conception étroite de la cohérence et de l'harmonie, car le monde à décrire,le monde à (re) créer n’obéit plus (s'il l'a jamais fait) aux lois harmoniques de Pythagore et d'Aristote, mais aux lois paradoxales des mathématiques fractales, de la théorie du chaos, de la physique quantique, de l'évolution biologique et de la thermodynamique. Notre harmonie est d'un autre ordre. Notre cohérence est celle de l'expérience métaphysique du dernier homme. Nous devons relater un processus général de dissolution des valeurs et d’expansion supercritique des connaissances, nous sommes là pour enregistrer la complexe et terrible beauté qui jaillit de cette rupture fondamentale dans le buisson évolutionniste humain qu'est l'age de la Machine, pour ne pas dire l'age de l’Homme Machine, et de la Machine-Homme ; notre age de la Machine lui-même n'as plus rien à voir avec celui de nos prédécesseurs du siècle de Poe et Balzac, les mondes des forges, et des factories est depuis longtemps recouvert par les géologies lunaires des fabriques de silicium, les mésas militaro-industrielles et le néon des autoroutes, nous captons le doux chant du rayonnement fossile à 3 degrés Kelvin du Big Bang, il ne nous reste plus qu'à en trouver les mots..."
Maurice G. Dantec in "Le théâtre des opérations" Gallimard1999.

Vue de l'exposition

Richard Caldicott
Vuk Vidor


Cet âge particulier dans lequel venons d'entrer pose aux artistes plusieurs questions sur la nature et le sujet de leur travail. Si la notion de médium n'est plus primordiale, celle du sujet semble le redevenir. Quelles images créer, quelles sont les nouvelles frontières représentables? Un représentation de la réalité devient vite banale, anecdotique et galvaudée. Les seules frontières possibles seraient donc l'infiniment grand ou l'infiniment petit, ce qui somme toute est souvent la même chose à des échelles diamétralement opposées... Qu’elle soit galactique, organique, ou pixelisée, la particule ou la cellule semble être un sujet autour duquel plusieurs artistes gravitent avec des approches totalement différentes. Ces travaux sont parfois des zooms macroscopiques dans l'enveloppe corporelle, des portraits cellulaires ou relevés d'ADN imaginaires de personnages (ici des Saints) parfois réels parfois inventés...(Vuk Vidor) Ce sont des retranscriptions digitales d'images ou de tableaux qu'un programme informatique crée par l'artiste (Tim White), remodèle et transforme en nouvelles images soit projeté sur toile, soit animée sur des écrans, ou matérialisé en trois dimensions sous forme de gigantesques sculptures ayant l'aspect de chaînons biologiques. Ce sont des propositions spatiales qui sous la forme de sphères tridimensionnelles s'approprient un lieu en construisant des cosmogonies particulières (Peter Barrett). Ce sont aussi des propositions picturales, plus instinctives et urbaines, prenant la cellule comme métaphore d'une errance dans des espaces géométriques angulaires réels, imaginaires ou émotionnels (Dzine), ou encore la transformation d'objets usuels en élégants et lumineux travaux artistiques (Richard Caldicott).

Du 25 mai au 31 juillet du lundi au samedi de 10 à 13h et de 14h30 à 19h.